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Télécom Bretagne est partenaire de la Conférence internationale sur le document électronique (Cide) 2016

La 19e édition de la Cide se tiendra du 24 au 26 novembre 2016 à Athènes. La conférence portera sur l’épistémè numérique. Les scientifiques confronteront les points de vue sur le rôle et les usages du document numérique et notamment la capacité de ce dernier d’accompagner une société en pleine mutation.

logo CIDE« Avant l’arrivée du 21e siècle, et bien avant qu’on ne parle d’humanités numériques et, plus généralement, de transition numérique, la Cide a commencé à proposer une série de manifestations scientifiques sur le thème du document électronique, en tant que nouveau vecteur de transmission des savoirs et des cultures. Quelques vingt ans plus tard, son objectif reste toujours le même : confronter les points de vue des disciplines qui se sentent, de quelque manière, concernées par le rôle et les usages du document numérique ; notamment, la capacité de ce dernier d’accompagner une société en pleine mutation. Les caractéristiques apparemment très diverses des documents électroniques, qui circulent sur le web et dans les institutions, témoignent de la diversité des activités intellectuelles dont ils sont à la fois la résultante et le support. Derrière cette diversité apparente, cette conférence annuelle vise à dégager un certain nombre d’invariants qui caractérisent, justement, les supports documentaires, les formes d’expression et les pratiques de communication de notre ère. » explique Ioannis Kanellos, professeur au département Informatique de Télécom Bretagne.

Qu’est-ce que l’ « épistémè numérique » ?

« Ce concept trouve ses origines dans l’œuvre de Michel Foucault (Les mots et les choses (1966) et L’archéologie du savoir (1969)). » précise I.Kannellos. « Il vise, entre autres, à rendre compte des modalités de production des connaissances à une époque donnée, ainsi qu’à éclairer un fait plutôt commun : qu’est-ce qui fait, décidément, que certaines connaissances réussissent par faire partie d’un espace commun ? Dans son projet, Foucault met l’accent sur la puissance créative du discours, notamment, sa capacité de faire science, i.e., de créer un monde, et même des mondes, qui peuvent se partager et se transmettre. Le concept d’épistémè se rapporte, donc, à la fois aux processus de légitimation et aux modes d’affirmation d’un pouvoir en tant que savoir. Foucault décrit trois épistémès, dans un ordre successif : celle de la Renaissance, celle de l’époque classique et, enfin, celle de l’époque moderne. Mais ces épistémès sont-elles les seules possibles ? Et plus avant, vivons-nous toujours dans les institutions de la troisième et plus récente épistémè ?

Foucault écrit à un moment encore précoce pour envisager les transformations imposées par le numérique. Il est cependant trivial de constater que nos cultures attestent désormais des pratiques inusitées, fondées sur des usages des technologies numériques, à la fois irréfrénables et massifs, qui brutalisent les principes de la plus récente de ces trois épistémès. L’affinement voire la ré-élaboration du concept d’épistémè, semble ainsi s’imposer, dans la mesure où tout discours est forcément dépendant de pratiques, pratiques profondément altérées par la pénétration de tous les secteurs par le numérique. Peut-être devrions-nous, d’ores et déjà, réserver une place pour une forme d’épistémè inédite, qui conclurait la liste de Foucault, et qui serait plus étroitement liée aux manières de penser et d’agir de l’ère numérique ; ce serait une épistémè à même de rénover nos conceptions sur les rapports de détermination mutuelle entre savoir(s) et pouvoir(s), à une époque où la raison n’apparaît plus comme une référence sûre et totale, où nos affinités à la temporalité se rétrécissent autour de présents amplifiés, où l’épaisseur de l’humain se reconquiert au travers de sociabilités réinventées, où la représentation du réel semble une affaire désuète sinon close, où la diffusion des connaissances est supplantée par l’abondance de l’information, où nous devons faire face à des modes de régulation inexpérimentés de nos identités… À une époque où nous avons achevé notre deuil de l’harmonie, de la loi et de la structure, et avons accepté l’irréparable faille dans nos existences et nos contextes, dorénavant complexes et truffés d’inattendus. »

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