Partenariat avec Grenoble École de Management : les témoignages des entreprises

Un atout sur le marché du travail

Entreprise Ajilon (leader mondial des services en personnels hautement qualifiés)

La double compétence : un outil pour maîtriser ou booster sa carrière.

Polyvalence et adaptabilité sont les leitmotivs des entreprises. Dans ce contexte, la double compétence et la spécialisation deviennent indispensables à court et long terme, tant pour les jeunes diplômés que pour les ingénieurs ou cadres en poste … 
Aujourd'hui, il est préférable pour un ingénieur de posséder une deuxième compétence en management …
Ajilon Recruiting analyse cette tendance importante du recrutement.

Une organisation de l'entreprise qui demande des compétences multiples
Aujourd'hui, l'entreprise attend de ses collaborateurs qu'ils aient une vision transversale des organisations. Ils doivent être capables d'appréhender les interactions entre les différents services, comme par exemple marketing et technique, management et sciences…
C'est pourquoi les entreprises sont de plus en plus nombreuses à faire appel à des candidats possédant des doubles compétences.
Par ailleurs, les candidats aux doubles compétences se présentent sur le marché avec des atouts leur permettant d'accéder plus rapidement à des postes stratégiques.
Ces doubles compétences peuvent être obtenues lors d'un cursus de spécialisation, par une expérience professionnelle dans un service spécifique comme les achats ou la qualité, ou encore dans canaux de distribution particuliers.

Des secteurs traditionnellement demandeurs de ce type de profil
D'une manière générale, l'industrie recherche régulièrement ce type de candidat, en particulier les secteurs de l'agroalimentaire, de l'automobile, de l'aéronautique. Pionniers de la double compétence, les technico-commerciaux ne sont plus les seuls à séduire les recruteurs. En effet, dans les organisations matricielles, les collaborateurs aux compétences multiples et variées sont de plus en plus prisés par les DRH.

Différentes formes de doubles compétences
Aujourd'hui, il est préférable pour un ingénieur de posséder une deuxième compétence en management. C'est pourquoi de nombreuses écoles d'ingénieur proposent à leurs étudiants des formations complémentaires mettant le plus souvent l'accent sur les enseignements en management ou en gestion.
Les écoles de commerce, elles aussi, proposent ce type de formation aux ingénieurs ou techniciens.
Attention, acquérir une double compétence implique un cursus scolaire plus long mais, heureusement, accroît les possibilités d'accès à l'emploi pour les jeunes diplômés.
Quant à la double compétence acquise par l'expérience professionnelle, elle est plus difficile à faire valoir.

Philippe Fresse, DG d'Ajilon Recruiting déclare : « Posséder une double compétence ouvre plus de portes aux candidats notamment en direction des grands comptes. Ils peuvent prétendre, plus rapidement, à des postes plus rémunérateurs"

Source : communiqué de presse du 24 novembre 2005

Bernard Viallatoux (en charge de la gestion des carrières au sein de la direction des Ressources Humaines du groupe BNP-Paribas) :

Pour la double compétence

Un intérêt modéré pour le profil « ingénieur pur ».
"Au-delà des spécificités du milieu bancaire, je pense qu'un profil intéressant de cadre est celui qui a acquis une double compétence : École d'Ingénieur + DESS ou Mastère économie, gestion, finance. En effet, les formations d'ingénieurs de base confèrent un profil que nous recherchons (rigueur, rapidité d'analyse, esprit synthétique, …) mais souvent sans un vernis d'ouverture sur le monde économique, nous avons bien souvent affaire à des individus qui sont moins à l'aise dans la communication avec les autres personnes de formation gestion et qui sont difficiles à intégrer dans les métiers bancaires en relation avec la clientèle.
J'ai personnellement enseigné l‘économie à l'ISEP, mais les cours « d'ouverture » en école d'ingénieur demeurent insuffisants. J'avais en général affaire à des étudiants qui me semblaient immatures sur ce plan parce qu'ils n'avaient pas cette appréhension du monde économique et je disposais de trop peu d'heures pour assurer une formation solide de base."

La gestion de carrière
Ainsi, nous venons de vivre l'expérience d'une fusion entre deux grandes entreprises et il est évident que l'adaptabilité était le maître-mot pendant ces restructurations. En tout état de cause, je pense que l'avenir appartiendra à ceux qui savent s'adapter à des situations nouvelles, et ce sans réticence.
Notre politique est maintenant d'organiser dans tous les métiers du groupe une réflexion sur un éventuel changement de poste tous les 3 ans. Un entretien de carrière est alors réalisé pour faire le point et préparer une évolution si celle-ci n'a pas été anticipée, que ce soit pas le responsable ou par le cadre lui-même.
L'ingénieur, et plus généralement le cadre en milieu de carrière, qui est resté « mono-produit » risque gros. En ce sens, toute personne doit veiller à acquérir plusieurs cordes à son arc. Néanmoins, on peut reconvertir un ingénieur qui « vieillit mal » dans des activités de contrôle, de sécurité… mais il y a peu de places dans ces secteurs non créateurs directs de valeur ajoutée.   
(…)

Malgré ses qualités, l'ingénieur d'aujourd'hui ne sera peut-être pas le manager de demain
Il est évident que l'adaptabilité demeure le point fort des profils des cadres de demain. (…)
Certains pensent que le manager de demain sera apatride ; je ne sais pas….
Mais dans tous les cas, je ne suis pas sûr qu'il soit nécessairement un ingénieur de formation si ce dernier ne fait pas d'effort vers l'acquisition d'une double compétence."

Source : rapport du CEFI :  « L‘avenir des ingénieurs à l'orée du troisième millénaire ».