Chaire Recherche en sûreté, organisation, hommes (Resoh)

Texte

1. Un projet innovant et original

La chaire Resoh est née en mars 2012 de la volonté conjointe de l’École des Mines de Nantes (devenue IMT Atlantique à compter du 1er janvier 2017) et de trois partenaires industriels (Areva, DCNS et IRSN) de construire un lieu d’échanges et de production scientifiques dans le champ des facteurs humains et organisationnels de la sûreté. Il s’agit d’une chaire de recherche et d’enseignement.

La problématique d’ensemble porte sur la construction collective d’une « performance industrielle sûre ». Le caractère innovant de la question de recherche vient de l’accent mis sur les relations inter-organisationnelles et sur la volonté de ne pas isoler la performance industrielle de la sûreté. L’une des originalités de la chaire est de réunir des exploitants nucléaires et l’appui technique de l’Autorité de Sûreté. 

2. Une gouvernance active

La chaire repose sur une gouvernance active qui permet des discussions régulières entre les partenaires industriels et avec les chercheurs. Des Comités opérationnels (COP) se tiennent tous les 3 mois pour faire un point d’avancement des travaux. Ce sont les instances de pilotage opérationnel de la chaire. Un Comité Scientifique (CS) composé de 4 experts reconnus se réunit chaque année et remet un avis sur la base du rapport scientifique qui lui est transmis. Le COPIL est l’instance de politique de gestion de la chaire, il en vote les budgets, et discute des orientations à prendre en fonction de l’avis du CS.   

3. Une équipe pluridisciplinaire

Le budget de fonctionnement de la chaire (300K€/an sur 5 ans) a permis de constituer une équipe de 4 enseignants-chercheurs et un doctorant auxquels se sont ajoutés un chercheur de l’IRSN et un enseignant chercheur de l’Université de Nantes. Tous sont rattachés au Laboratoire d’Economie et de Management de Nantes Atlantique (LEMNA). Trois chercheurs sont spécialisés en Gestion, deux en sociologie des organisations et un en ergonomie. Cette interdisciplinarité permet l’enrichissement des analyses produites.

La chaire fonctionne sous la responsabilité de Benoît Journé (Professeur des Universités).L’équipe est composée de Stéphanie Tillement (Maitre assistant, Ecole des Mines), Rima Ayoub (Maitre assistant associée, Ecole des Mines), Stéphane Guyard (Maitre assistant associé, Ecole des Mines), Jérémy Eydieux (Doctorant, LEMNA), Stéphanie Gentil (Université de Nantes) et Hélène Faye (IRSN, LSHS).

4. Une méthode de recherche en prise avec le terrain

La question générale de recherche a été décomposée en 4 axes, afin d’en faciliter l’instruction :

(1) La gestion des projets complexes. Les travaux en cours analysent les problèmes de planification liés à la complexité des projets qui rassemblent les équipes du donneur d’ordres et celles des sous-traitants. Ils montrent dans quelle mesure les plannings assurent le bon déroulement des activités prévues et participent aussi à la résilience de l’organisation face aux aléas imprévus. Ils montrent également les multiples rôles annexes des plannings qui sont susceptibles de peser positivement ou négativement sur la performance des projets.

(2) La gestion des engagements contractuels. Les travaux en cours montrent en quoi les contrats jouent sur la qualité des relations entre donneur d’ordres et sous-traitants et permettent de gérer les conflits potentiels ou avérés, notamment lorsqu’il s’agit de développer des relations de partenariat. Nous travaillons à une modélisation de la valeur de la relation partenariale (attentes du donneur d’ordres et attentes des sous-traitants) et des moyens de l’optimiser sur toute la durée de la relation.

(3) Les relations de sous-traitance. Les travaux en cours analysent les problèmes organisationnels auxquels les acteurs de terrain sont confrontés lorsqu’il s’agit de faire « travailler ensemble » le personnel du donneur d’ordre et des sous-traitants, en particulier quand il faut faire preuve de 

résilience face à des événements imprévus. Ils analysent les solutions locales trouvées pour faire ensemble du « bon travail ».

(4) La démonstration de sûreté et le dialogue technique. La thèse en cours analyse dans quelle mesure et comment le dialogue technique qui concourt à la démonstration de sûreté intègre des éléments de résilience et de « sécurité gérée » présents dans une activité à risques comme la manutention lourde dans l’industrie nucléaire.  

Chaque axe fait l’objet d’une enquête approfondie sur des terrains ouverts par les partenaires industriels.

  • un chantier de démantèlement - DCNS
  • des opérations de manutention - DCNS
  • des projets d’Arrêts Programmés de Maintenance (APM) - AREVA
  • des activités de maintenance sous-traitées - AREVA
  • un projet de construction - DCNS
  • l’élaboration d’un dossier de démonstration de sûreté - AREVA
  • Le dialogue technique / démonstration de sûreté - IRSN

Les chercheurs procèdent par immersion dans les organisations considérées ; ils y conduisent des observations et des entretiens auprès des acteurs directement confrontés aux problèmes. Les données ainsi collectées sont analysées et donnent lieu à un diagnostic qui est restitué aux acteurs de terrain et qui ouvre la voie à des approfondissements et à une généralisation théorique. Les résultats de recherche visent à identifier les leviers d’action pouvant avoir un impact sur la performance industrielle sûre dans chacun des quatre axes de recherche de la chaire.

5. Valorisations et appropriation des résultats

Outre les publications scientifiques et les communications dans des colloques, la chaire produit des rapports de type étude de cas, riches en verbatim et autres données de terrains, à usage des partenaires industriels. Elle met en discussion tous les 3 mois les résultats de recherche dans le cadre des COP, du CS et du COPIL. Une « journée partenaires » a permis une présentation de résultats à l’ensemble des partenaires. La chaire participe activement au colloque « Journées du Risque » (16-18 novembre 2016). Par ailleurs les résultats sont également valorisés dans les enseignements dispensés aux élèves ingénieurs de l'École.

La chaire Resoh en quelques chiffres (2012-2016)

  • Financement : 300 K€ par an sur 5 ans.
  • Équipe de recherche de 7 chercheurs, dont 5 enseignants-chercheurs Ecole des Mines de Nantes (un Professeur, un Maitre Assistant, deux maitres assistants associés et un doctorant) + un maître de conférences (Université de Nantes) + un chercheur IRSN (laboratoire LSHS).
  • Gouvernance : 16 COP, 5 COPIL qui ont permis de soutenir les discussions entre partenaires pendant 5 ans. Par ailleurs, 4 comités scientifiques ont permis de soumettre la qualité des travaux aux experts extérieurs.
  • Actions de recherche : 8 terrains ouverts chez les partenaires pour alimenter les 4 axes de recherche de la chaire. Chaque action de recherche a fait l’objet de restitutions auprès des acteurs de terrain.
  • Rapports de recherche : 2 rapports (thématique 1 et 3) sur les terrains Melox et La Hague.
  • Publications : 2 publications dans revues CNRS/AERES, 22 communications dans colloques scientifiques nationaux et internationaux, 1 ouvrage et 2 chapitres d’ouvrages.
  • Une thèse en cours (soutenance prévue au printemps 2017).
  • Organisation du Colloque scientifique JDR sur les thématiques « des hommes et des organisations en réseau » et « enquêter dans les mondes du nucléaire ».
  • Organisation d’une « Journée Partenaires » en janvier 2015 (Paris) rassemblant 50 participants des trois partenaires.
  • 7 séminaires de recherche internes à la chaire.  
  • 4 valorisations pédagogiques : développement de la simulation Sprintfield, et utilisation depuis 2013 en cours de management de la sûreté aux masters SNEAM et formation ingénieurs des options NTSE, STAR et QSF de l’École des Mines de Nantes (IMT Atlantique).
A lire sur le sujet
Événements associés