[I'MTech] Un protocole standardisé pour répondre aux enjeux de l’IoT

L’arrivée de la 5G a remis l’internet des objets sur le devant de la scène, avec la promesse de voir affluer les objets connectés dans la sphère professionnelle comme privée. Cependant, avant d’assister à la révolution prévue, il reste plusieurs obstacles à lever. Une équation que cherchent à résoudre des chercheurs d’IMT Atlantique, qui ont déjà obtenu des résultats de portée mondiale.

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L’internet des objets (IoT, de l’anglais Internet of Things) désigne l’interconnexion de divers appareils physiques via Internet, dans le but de partager des données. Parfois appelé « web 3.0 », ce domaine est amené à se développer rapidement dans les prochaines années, grâce à l’arrivée de nouveaux réseaux, comme la 5G, et à la prolifération d’objets connectés. Ses applications sont infinies : suivi des données de santé, maison connectée, voitures autonomes, maintenance en temps réel et prédictive sur des appareils industriels…

S’il est en plein essor, l’IoT n’en reste pas moins confronté à des enjeux de taille. « Il s’agit de répondre à trois contraintes principales : l’efficacité énergétique, l’interopérabilité et la sécurité », détaille Laurent Toutain, chercheur à IMT Atlantique. Problème : ces trois aspects peuvent peser les uns sur les autres.

Laurent Toutain, département SRCD

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Les trois piliers de l’IoT

En premier lieu, la question de l’énergie est un sujet clé pour l’IoT. La plupart des objets connectés ne peuvent en effet se contenter d’une autonomie digne d’un smartphone. Car à l’avenir, un foyer pourra posséder plusieurs dizaines de dispositifs de ce type. S’il est nécessaire de recharger chacun d’entre eux tous les deux ou trois jours, l’utilisateur devra alors consacrer plusieurs heures à cette tâche… Et que dire des usines qui pourraient être équipées de milliers d’objets connectés ? De plus, dans certains cas, ces derniers n’ont de valeur que s’ils possèdent une longue autonomie. Par exemple, un capteur pourrait servir à contrôler la présence d’un extincteur sur son emplacement et à envoyer une alerte en cas d’absence. S’il faut se déplacer régulièrement pour recharger sa batterie, une telle installation ne présente alors plus grand intérêt.

Chez un objet connecté, ce sont les fonctions de communication qui représentent la plus grande part de consommation énergétique. Ainsi, le développement de l’IoT a été rendu possible par la mise en place de réseaux, tels que LoRa ou Sigfox, permettant d’envoyer des données tout en consommant peu d’énergie.

Ensuite, le deuxième enjeu se situe dans l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité d’un produit à fonctionner avec d’autres objets et systèmes, actuels ou futurs. Aujourd’hui, de nombreux constructeurs se reposent encore sur des univers propriétaires, ce qui limite nécessairement les fonctionnalités offertes par l’IoT. Prenons l’exemple d’un utilisateur ayant acheté des ampoules connectées de deux marques différentes. Nativement, il n’aura alors pas la possibilité de les contrôler via une seule application…

Enfin, la notion de sécurité demeure primordiale au sein de tout système connecté. Un constat d’autant plus valable dans l’IoT, notamment avec des applications impliquant des échanges de données sensibles, par exemple de santé. Les risques sont en effet multiples. Un utilisateur malveillant pourrait ainsi intercepter des données lors de leur transmission. Ou envoyer de fausses informations à des objets connectés, induisant alors des consignes erronées, avec des conséquences potentiellement désastreuses.

Sur Internet, des méthodes sont déjà mises en place afin de limiter ces menaces. La plus commune est le chiffrement de la donnée de bout en bout. Son but : rendre illisible la lecture de l’information pendant son transport, le contenu ne pouvant être déchiffré que par l’émetteur et le récepteur du message.

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Publié le 10.02.2021

par Pierre-Hervé VAILLANT